résumé et objectifs du Projet murus
Le projet MURUS s’inscrit dans la suite d’un projet tremplin intitulé MUMATOURISME (GIS TOURISME 2020-2022).
Il a pour objet l’étude de l’évolution des pratiques touristiques autour des enceintes urbaines tardo-antiques* à partir de la dynamique enclenchée par la candidature de la ville du Mans au Patrimoine mondial de l’Unesco.
Le projet MURUS s’inscrit dans une recherche pluridisciplinaire associant historiens, historiens d’art, archéologues, géographes et juriste des laboratoires des universités du Mans (CReAAH Le Mans et ESO le Mans), d’Angers (CJB), de Bretagne Occidentale (Quimper, Centre François Viète), de Paris 1 (EIREST), et internationale, avec les partenaires de l’Université de Rome La Sapienza (département d’Architecture) et de l’Université de Saint-Jacques de Compostelle (USC- Campus de Lugo).
Le projet conjugue recherche fondamentale et recherche action en développant un partenariat avec la ville du Mans pour accompagner la candidature UNESCO mettant au centre de son argumentaire l’enceinte romaine du Mans. La dimension comparative est au cœur de l’analyse et de la compréhension des évolutions des protections patrimoniales, des stratégies de mise en valeur et du renouvellement des comportements sociétaux autour d’un objet patrimonial majeur dans les paysages urbains de ces trois villes. Il convoque des méthodologies de recherche participative (ateliers habitants) et permet une véritable dynamique pluridisciplinaire au sein de la MSH.
Site Maison des Sciences de l’Homme Ange Guépin, Nantes
Enceinte de Rome
Date de construction : 271-282 ap. J.-C.
Hauteur : jusqu'à 10 mètres
Longueur : 19 kilomètres
Enceinte de Lugo
Remparts romains de Lugo
Date de construction : 260 - 310 ap. J.-C.
Hauteur : de 8 à 16 mètres
Longueur : 2,6 kilomètres
Classement Unesco : 2000
Enceinte du Mans
Date de construction : 320-360 ap. J.-C.
Hauteur : environ 10 mètres
Longueur : 0,5 kilomètre (initialement 1,3 km)
*Les enceintes urbaines tardo-antiques sont des fortifications construites autour des villes de l’Empire romain tardif, entre le IIIe et le Ve siècle après J.-C.
Elles succèdent aux enceintes urbaines du Haut-Empire (Ier – IIIe s.) et se distinguent de celles-ci par plusieurs caractéristiques :
1. Contexte historique :
– Construites après une période de crises (IIIe siècle), elles correspondent à la restauration de l’ordre impérial dans l’Empire et à une réorganisation de l’administration des territoires grâce à une nouvelle division des provinces.
– Certaines sont financées par l’empereur (comme celle de l’antique Grenoble-Cularo), mais la plupart sont construites aux frais des communautés locales qui y consacrent l’essentiel de leurs ressources.
2. Caractéristiques architecturales :
– Matériaux : Elles sont construites en matériaux issus des ressources locales, pierre et briques, et réutilisent massivement des éléments issus d’édifices antérieurs (monuments publics, nécropoles).
– Dimensions : Elles protègent les principaux lieux de pouvoir et sont donc souvent plus petites que les enceintes urbaines du Haut-Empire, ce qui facilite leur défense.
– Techniques de construction : la courtine, épaisse de plusieurs mètres et dotée d’un chemin de ronde, est régulièrement flanquée de tours aux formes variées servant de renfort architectural et de poste de défense.
3. Fonctions :
– Fonction militaire : Leur fonction principale est de protéger la ville.
– Fonction symbolique : Elles affirment la puissance et la pérennité de l’Empire romain, même en période de crise.
– Fonction sociale : Elles contribuent à l’organisation et à la structuration de la vie urbaine.
4. Importance :
– Les enceintes urbaines constituent un précieux patrimoine archéologique qui nous permet de mieux comprendre l’organisation des villes et la vie des habitants dans l’Antiquité tardive.
– Elles ont déterminé les morphologies urbaines des villes actuelles.

