2000. Plan lumière et mise en valeur de l’enceinte romaine du Mans
En 1999, quatorze sites manceaux sont mis en valeur par le plan-lumière conçu par Pierre Bideau (1941-2021), spécialiste de l’illumination architecturale auquel on doit, entre autres, la mise en lumière de la tour Eiffel depuis 1985. Une deuxième tranche de cette illumination du patrimoine est entreprise à partir de 2001 : dix sites supplémentaires sont concernés, dont d’autres sections de l’enceinte romaine, pour un montant estimé à 4,9 millions de francs (un peu moins d’un million d’euros).
Le projet
La première mention dans les archives d’une intention d’éclairer l’enceinte romaine remonte à 1977, avec pour but de rendre la vieille ville plus accueillante mais aussi de remédier à l’insécurité. Le plan lumière est réellement lancé en 1981 avec pour objectif une illumination totale de l’enceinte pour le passage à l’an 2000, soit un projet de vingt ans. Il s’inscrit dans le cadre du programme de restauration et de mise en valeur de l’enceinte décidé en 1980, tout en s’inspirant du développement de l’illumination nocturne dans les villes françaises et européennes : le cas de l’éclairage du quartier de la « petite France » à Strasbourg, avec ses maisons à colombages, sert notamment de point de référence en 1984. La réalisation du projet connaît plusieurs étapes, jusqu’au projet de Pierre Bideau pour le passage à l’an 2000.

Figure 1 – Le Mans, ville lumière. Affiche municipale, 2000 ; Archives municipales du Mans.
La première zone illuminée de l’enceinte romaine est la rue des fossés Saint-Pierre et la rue Saint Flaceau, entre 1981 et 1982. S’en suivent l’escalier de la grande poterne et la première section de l’enceinte romaine côté Sarthe entre 1986 et 1987. Peu après, en janvier 1988, la section de la rue Saint-Hilaire entre la tour de Tucé et la Tour des Ardents est illuminée. En 1994, en parallèle des travaux d’aménagement du quai Louis Blanc, des essais d’éclairage sont réalisés sur la partie droite du tunnel où se trouve la tour Madeleine, ce qui aboutit en 1999 à l’éclairage complet de l’enceinte côté Sarthe. Durant la même période, entre 1998 et 1999 est éclairée l’enceinte bordant l’escalier des Ponts Neufs. En 1999, le concours spécial « Lumières et monuments », organisé par le Serce (Syndicat des entrepreneurs de réseaux et de constructions électriques) et Philips Eclairage sous le patronage du Ministère de la Culture pour fêter l’an 2000, attribue le grand prix de l’ « illumination pérenne » (valorisation du patrimoine pour l’an 2000), d’un montant de 220 000 francs, à la ville du Mans, venant reconnaître les efforts consentis.

Figure 2 – Illumination de la muraille gallo-romaine, 20 avril 1985 ; AM

Figure 3 – Invitation à la remise du prix par le Maire, Robert Jarry, le 12 janvier 2000. Archives Municipales du Mans.
Les enjeux
Le plan-lumière, un plan d’organisation et de mise en place de l’éclairage d’un site touristique, a différents objectifs, dont la mise en valeur du patrimoine : l’une des principales intentions du plan lumière était de mettre en lumière le patrimoine architectural et historique du Mans, y compris l’enceinte romaine. En illuminant cette structure historique la nuit, le plan lumière a contribué à rendre plus visible et plus accessible cet élément du passé de la ville mais aussi la Cité Plantagenêt. La section entre la tour des Pans de Gorron et la tour du Tunnel fit l’objet de nouvelles installations dans les années 2010 visant à révéler, par un éclairage distinct, les parties antiques des ajouts postérieurs.
Par conséquent, l’éclairage de l’enceinte romaine a contribué à créer une ambiance particulière dans les rues avoisinantes avec des spots lumineux le long des courtines et au pied des tours, offrant aux habitants et aux visiteurs une expérience lors des promenades nocturnes. Cette mise en lumière a ajouté une dimension esthétique à la ville la nuit, renforçant ainsi son attractivité touristique. En mettant en lumière l’enceinte romaine, le plan lumière a également contribué à sensibiliser le public à l’histoire de la ville et à son passé romain. Les illuminations peuvent susciter l’intérêt des visiteurs et des habitants pour l’histoire locale, favorisant ainsi la préservation et la valorisation du patrimoine historique, ce qui est par exemple le cas avec la Nuit des Chimères lancée depuis 2005.
Sitographie :
- Le Mans Deuxième tranche de travaux du plan-lumière (lemoniteur.fr)
- Le concepteur du plan-lumière du Mans va illuminer Athènes (lemoniteur.fr)
Pour citer cette notice : « 2000. Plan lumière et mise en valeur de l’enceinte romaine du Mans », Albane Lucas (M1 Histoire, Civilisations, Patrimoine, Le Mans Université) et Estelle Bertrand (Le Mans Université-CReAAH UMR 6566), www.murus.univ-lemans.fr, mis en ligne le ; consulté le 05/2024

