2022 : Début du projet MURUS.

Figure 1. Logo du site internet du projet MURUS.
Le projet MURUS a été lancé en 2022 et s’est achevé en 2024. Il s’agit d’un programme de recherche pluridisciplinaire rattaché à la Maison des Sciences de l’Homme Ange-Guépin à Nantes. Il englobe plusieurs institutions, telles que l’Université du Mans (laboratoires CReAAH et ESO), l’Université d’Angers (CJB), l’Université de Bretagne Occidentale (Centre François Viète, Quimper), l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne (EIREST), deux partenaires académiques internationaux, l’Université de Rome La Sapienza et l’Université de Saint-Jacques de Compostelle (USC – Campus de Lugo). Le projet est porté conjointement par Estelle Bertrand Goreau, professeure d’histoire romaine et patrimoine, et Élodie Salin, maîtresse de conférences en géographie, et bénéficie d’une convention de partenariat avec la ville du Mans.
Genèse du projet
Le projet MURUS s’inscrit dans la continuité du programme tremplin Mumatourisme en 2020-22 , consacré à l’étude des pratiques touristiques autour des enceintes urbaines tardo-antiques. Il est né de la candidature de la ville du Mans à l’inscription sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. MURUS vise à comprendre, dans une perspective chronologique et comparée avec d’autres enceintes en Europe, notamment celles de Lugo et Rome, l’évolution des pratiques touristiques, des politiques patrimoniales et des perceptions sociales liées aux enceintes tardo-antiques. Le projet conjugue recherche fondamentale et action, en s’appuyant sur un partenariat avec la Ville du Mans. Il explore à la fois la construction du regard patrimonial, la participation citoyenne et les enjeux contemporains de la médiation autour d’un monument emblématique du paysage urbain manceau.
Axes de recherche
Le projet MURUS s’articule autour de quatre axes de recherche :
- Le premier axe vise à analyser sur le long terme les processus de patrimonialisation et les formes d’appropriation des enceintes romaines tardives par les habitants et les visiteurs. Une collecte d’archives publiques et privées permet de documenter les usages récents, les représentations et les imaginaires associés à ces monuments. Les données recueillies alimentent la frise chronologique en ligne et les notices qui continuent d’être rédigées.
- Le deuxième axe inclut la participation citoyenne. Des ateliers co-organisés avec la Ville du Mans et le pôle CSTI de Le Mans Université visent à recueillir les perceptions, les attentes et les engagements des habitants autour de l’enceinte romaine et de sa candidature à l’UNESCO. Ces ateliers s’appuient sur les résultats d’un questionnaire mené en 2021 dans le cadre du programme Mumatourisme, ayant rassemblé plus de mille réponses, ainsi que sur la mobilisation de certaines associations locales.

Figure 2. Atelier organisé avec le conseil de quartier nord-ouest du Mans, mais 2024, c. C. Buron-Daubigney.
- Le troisième axe se concentre sur les modes de mise en valeur de l’enceinte à travers les politiques d’aménagement urbain et les outils de protection patrimoniale. Des entretiens réalisés depuis 2016 auprès des acteurs institutionnels du Mans permettent de mieux comprendre la construction de cette « fabrique patrimoniale ». L’analyse des documents d’urbanisme contribue à fournir des éléments d’aide à la décision pour la candidature.
- Enfin, le quatrième axe adopte une approche comparative afin d’identifier les enseignements tirés des enceintes déjà inscrites sur la Liste du patrimoine mondial, celles de Rome (1980) et de Lugo (2000) . Cette étude croise les pratiques de gestion, de valorisation et de médiation patrimoniale avant et après l’inscription, et interroge les transformations urbaines, sociales et environnementales induites par cette reconnaissance internationale, notamment à travers les aménagements, la nature en ville et l’événementiel.

Figure 3. L’enceinte romaine de Lugo, Espagne. c. E. Goreau, 2022.

Figure 4. L’enceinte aurélienne de Rome, Italie. c.E. Goreau, 2023.
Équipe scientifique et technique
L’équipe scientifique et technique du projet MURUS réunit des spécialistes issus de plusieurs disciplines et institutions différentes. Le projet est porté par Estelle Goreau Bertrand, professeure d’histoire romaine et patrimoine à l’Université du Mans, membre du CReAAH (UMR 6566) et du comité scientifique pour la candidature UNESCO, et par Élodie Salin, maîtresse de conférences HDR en géographie à l’Université du Mans, membre du laboratoire ESO (UMR 6590 CNRS), de l’EIREST (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne) et de l’ICOMOS-France.

Fig. 5 : Les coordinatrices du projet MURUS : à gauche, Estelle GOREAU, et à droite, Élodie SALIN, tirés directement du site internet MURUS.
Les chercheurs associés comprennent Aline Durand, professeure d’archéologie et d’histoire médiévale au sein du CReAAH du Mans, Stéphane Tison, maître de conférences en histoire contemporaine au laboratoire TEMOS (UMR 9016), spécialiste des conflits et de la mémoire, ainsi que beaucoup d’autres experts dans différents domaines du patrimoine, de l’histoire ou de l’archéologie .
L’équipe technique est coordonnée par Benoît Barbier, chargé de mission en production numérique, valorisation de la recherche et cartographie à l’Université du Mans. Et enfin, depuis 2022, le projet bénéficie de la participation active d’étudiants de Master 1 et 2 en parcours Recherche issus de chaque promotion du département d’histoire du Mans, contribuant à la recherche et à la valorisation du programme.
Portée et retombées
Le projet MURUS constitue un instrument de recherche et de médiation patrimoniale inédit en France. En articulant sciences humaines, géographie, archéologie et urbanisme, il favorise une réflexion interdisciplinaire sur les usages contemporains du patrimoine antique.
Son approche participative et comparative contribue à repenser la place du patrimoine dans la ville, tout en accompagnant activement la candidature de l’enceinte romaine du Mans au Patrimoine mondial de l’UNESCO. Les résultats, dont une partie a été présentée lors de la Journée d’Etudes tenue au Mans le 5 juillet 2024 (lien vers l’enregistrement de la JE https://www.youtube.com/playlist?list=PL6fu9Fz96VFlh6JE9WM7ZEJXJ313RebwE), feront l’objet d’un ouvrage dont la publication est prévue en 2026.
Bibliographie
- E. Bertrand, E. Salin, « Démarches participatives et inscription du patrimoine archéologique à l’Unesco : analyse comparée des cas des enceintes romaines du Mans (France), de Lugo (Espagne) et de Rome (Italie) », dans Démarches participatives en archéologie Actes de la séance de la Société préhistorique française de Paris (14-15 mars 2024). Textes publiés sous la direction de Jean-Denis Vigne, Jean Pierre Girard, Alexandra Villarroel Parada Paris, Société préhistorique française, 2025 (Séances de la Société préhistorique française, 22), p. 327-340, https://www.prehistoire.org/offres/doc_inline_src/515/SPF%2B22%2BDE9marches%2Bparticipatives%2B23%2BBertrand%2BBAT%2BBD.pdf
Sitographie
- https://murus.univ-lemans.fr/ = Site du projet MURUS
Pour citer cette notice : « 2022. Début du projet MURUS », Paul Broussaud, Master 1 MdH Le Mans Université, www.murus@univ-lemans.fr, 10/11/2025

